Pourquoi vous ne ressentez rien dans votre corps (et pourquoi c’est tout à fait normal) ?
- Qissana

- 2 avr.
- 5 min de lecture
Vous avez déjà essayé de méditer, de pratiquer le Tai Chi ou de vous détendre… et vous avez eu l’impression de faire face à un mur de silence ?
Pas de chaleur, pas de circulation, aucune sensation particulière. Et peut-être que vous vous êtes demandé : « Est-ce que je fais mal ? Est-ce que je suis moins sensible que les autres ?.... Pourquoi je ne ressens rien ? » La réalité, c’est que ne rien sentir au début est non seulement fréquent… mais logique.
Non, vous ne faites pas mal.
Vous êtes simplement en train d’apprendre à sentir quelque chose que vous n’avez jamais appris à écouter.
Qu'est-ce que le ressenti énergétique ?
Avez-vous déjà vu dans les films de super-héros un personnage concentrer de toutes ses forces son énergie entre ses mains avant de la projeter vers l’avant ?
Le ressenti énergétique, ce n’est pas du tout cela.
Très souvent, les personnes qui disent “je ne sens rien” s’attendent à des sensations transcendantes, à quelque chose de fort, peut-être même incontrôlable. Alors que le ressenti énergétique est subtil, souvent très doux et au début, sûrement un peu faible.
Pour mettre des mots sur les sensations, on peut dire : fourmillements, chaleur, déplacement fluidique, différence dans la densité ou la “texture”.
Pourquoi certaines personnes sentent-elles "mieux" ?
L’acuité énergétique n'est pas un don magique. Elle dépend de trois facteurs concrets : l’attention, la détente et l’expérience. Le problème, ce n’est pas que vous ne ressentez rien. C’est que vous attendez de ressentir quelque chose de spectaculaire.
1. Le rôle de l’attention
Le meilleur ennemi de l’attention, c’est l’agitation mentale. Nous tentons de nous concentrer et toutes sortes de pensées nous envahissent.
L’attention, dans le domaine du ressenti énergétique, n’est pas une question de volonté mais de posture. Posture intérieure et posture extérieure, toutes deux sont un miroir de notre capacité d’attention.
Le calme est un élément essentiel à cette posture et il dépend du confort (“confort d’abord”, avis aux connaisseurs ;) ).
Alors je me redresse, je place mes jambes différemment, de sorte à être mieux ancrée dans le sol, et je pousse quelques soupirs pour poser ma respiration. Si mon corps s’apaise et se stabilise, mon attention peut se poser plus facilement, sans ricocher sur la moindre pensée qui me traverse l’esprit.
Mon corps se stabilise oui, mais pas dans la contrainte. À quoi bon rester droit comme un I si c’est pour avoir mal partout en quelques minutes ? La posture évolue avec le temps, qu’elle soit posture de yoga, de méditation ou de soin… La stabilité est souple, adaptable, confortable.
2. Pourquoi la détente est la clé de tout
Imaginez-vous essayer de sentir le parfum subtil d’une petite fleur, tout en portant d’énormes sacs de courses à chaque bras et en tenant sur un pied. Absurde n’est-ce pas ? Dans cette posture, quelle place aura la subtile stimulation de votre odorat dans la quantité d’informations reçues par votre système nerveux ? La place la plus petite, la place secondaire, celle qu’on peut ignorer très facilement. Il en est de même pour le ressenti énergétique. La stimulation subtile des sens sera mise en valeur dans un corps où les tensions sont apaisées, où une réelle détente est possible.
C’est une des premières choses qui est enseignée dans l’Art du Chi : la capacité à relâcher ses muscles, à apaiser sa respiration. Et vous savez quoi ? Apaiser les muscles du corps a l’effet incroyable d’apaiser aussi le mental ! Et à l’inverse, en développant votre écoute vous vous rendrez compte que chaque pensée provoque de petites contractions musculaires.
Le rôle de la détente est donc essentiel à l’attention et à la perception.
Plus facile à dire qu’à faire, n’est-ce pas ? Revenons à notre question : pourquoi certaines personnes ne ressentent-elles pas le Chi (l'énergie) ?
Peut-être parce que leur corps ne le leur permet pas. Pas encore.
“Pour transcender le corps, il faut avoir un corps !” a écrit Vlady Stévanovitch. Pour commencer le travail subtil des arts internes, il faut d’abord apprendre à écouter son corps, à travailler l’intéroception et à développer la capacité à se détendre.

Pourquoi l’expérience change-t-elle la perception ?
Nous en arrivons naturellement au rôle de l’expérience. Vous avez pratiqué un art martial pendant des années ? Votre posture extérieure sera peut-être meilleure que celle d’autres personnes.
Vous avez pratiqué la danse de manière professionnelle ? Vous connaissez l’importance de la détente et du relâchement.
Ou bien vous allez depuis des années voir un ostéopathe qui pratique la biodynamie ? Vous êtes déjà habitué à percevoir les mouvements et les changements d’état dans votre corps.
Alors oui, certains sentent le Chi plus facilement que d’autres. Mais si vous “ne sentez rien”, ce n’est pas que vous n’en êtes pas capable, c’est peut-être que votre système nerveux est déjà trop sollicité.
Petit exercice pour explorer vos sensations
Je vous invite à vous installer confortablement: Le dos droit, les pieds posés sur le sol. Prenez quelques grandes inspirations et relâchez tous les muscles de la respiration, comme si vous faisiez de grands soupirs.
Posez vos mains, paumes vers le haut, sur vos cuisses, ou sur une table devant vous. Fermez les yeux et portez votre attention sur vos mains. D’abord globalement, ressentez leur poids, percevez leurs contours, leurs limites physiques. Peut-être qu’une main est plus facile à sentir que l’autre. Peut-être que certaines zones semblent absentes, ou au contraire plus denses que d’autres. N’essayez pas de modifier quoi que ce soit mais observez.
Maintenant je vous invite à secouer vos mains, comme si elles étaient mouillées et que vous vouliez en évacuer les gouttes d’eau. Ralentissez le rythme des secousses et concentrez-vous sur les pouces. À chaque geste, ayez l’intention de détacher vos pouces de vos mains, comme si d’un simple geste ils pouvaient en tomber. Puis replacez maintenant vos mains sur vos cuisses, paumes vers le haut.
Est-ce que quelque chose a changé dans vos perceptions ? Peut-être que vous sentez déjà plus de chaleur. Peut-être aussi que certaines zones se révèlent légèrement douloureuses. “Tiens, je ne l’avais jamais remarqué…” Peut-être aussi que vos paumes ne sont déjà plus ces éléments denses et unis, mais que vous commencez à percevoir le prolongement de vos doigts avec les métacarpiens qui s’insèrent presque jusqu’aux poignets.
Restez ainsi quelques instants, et repensez aux limites physiques de vos mains que vous avez perçues un peu plus tôt. Avez-vous l’impression que ces limites physiques ont changé, qu’elles se sont peut-être agrandies ?
Vous avez pu, avec cet exercice très simple, constater les changements dans vos perceptions corporelles après une modification de la posture, de l’attention et un bref relâchement des tensions.
Le ressenti énergétique n’est pas quelque chose de spectaculaire. Il dépend surtout de trois éléments :
– l’attention – la détente du corps – l’expérience et l’écoute corporelle
Avec la pratique, ces perceptions deviennent plus naturelles et plus faciles à reconnaître.
Et le Qieko dans tout ça ?

Parfois, notre corps est si sollicité ou saturé d'informations que l'attention seule ne suffit plus à percer le mur du silence.
C’est précisément là que le Qieko devient intéressant : non pas pour “créer” des sensations, mais pour redonner au corps les conditions nécessaires pour les percevoir.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser en commentaire ou à me contacter via le formulaire de contact ou sur les réseaux sociaux.
Pour en savoir plus sur le Qieko et son utilisation, vous pouvez aussi prendre rendez-vous en visio avec moi directement sur le site de Qissana.


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