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Nerf vague: le tonus vagal et la variabilité de la fréquence cardiaque.

  • Photo du rédacteur: Qissana
    Qissana
  • 23 avr.
  • 6 min de lecture

Partie 2


Nous avons vu dans le précédent article l'importance du nerf vague dans la régulation du système nerveux, intervenant dans notre sensation de bien-être et d'équilibre intérieur.

Mais comment savoir si notre nerf vague "fonctionne" bien ? Est-ce simplement lié à la quantité de stress ressentie ? Et comment améliorer l'état de notre système nerveux ?


Commençons par répondre à la première question: un nerf vague en bonne santé, c'est quoi ?


Le tonus vagal: ni trop, ni trop peu. Mais surtout flexible !


Pour parler de la santé du nerf vague, on utilise le concept de tonus vagal. Plus le nerf vague est tonique, plus il réagit de manière efficace et souple.

Le tonus vagal, c'est la capacité du système nerveux à monter dans les tours quand il y a un défi (activation sympathique), puis à redescendre rapidement une fois le défi passé (retour parasympathique/vagal).


Un système nerveux en bonne santé n'est pas un système toujours calme. C'est un système flexible.

On n'est ni énervé en permanence, ni impassible face à tout. On ressent l'émotion, on y répond, puis on revient à l'équilibre.


Comme un arbre dans une tempête : il plie, puis se redresse. Ce n'est pas la rigidité qui le protège, c'est la souplesse.



Deux visages d'un tonus vagal affaibli


Quand on parle d'un système nerveux "déréglé", on pense presque toujours à l'hyperactivation : l'anxiété, l'agitation, l'irritabilité. Et on croit que la solution, c'est le calme.

Mais il existe un deuxième visage, beaucoup moins visible : l'hypoactivation.


Certaines personnes sont "coincées" dans un état de calme apparent. Une fatigue chronique, un sentiment d'être éteint, des difficultés à ressentir quoi que ce soit. Le problème est le même : un manque de tonus vagal.


Il arrive souvent que ces personnes aient intégré leur état comme une normalité : "Je suis comme ça, je manque d'énergie." Mais ce n'est pas une fatalité, c'est peut-être un système nerveux qui a appris à se protéger en se mettant en veille.



Tonus vagal souple

Hyperactivation

Hypoactivation

Stress

Récupération rapide

On reste "branché" des heures après

Réaction amortie, engourdissement

Digestion

Fluide, sans ballonnements chroniques

Troubles digestifs, reflux, transit capricieux

Digestion lente

Émotions

On ressent sans être submergé

Irritabilité, sentiment d'être "à cran"

Sensation d'être figé, éteint

Énergie

Disponible et modulable

Épuisement, surcharge

Fatigue de fond, manque d'élan

  • Exemples généralisés pour illustrer le propos, non des diagnostics.



Faisons une pause. Où en êtes-vous là, maintenant ?


Avant de continuer, prenez 10 secondes.


Posez une main sur votre sternum. Respirez normalement.


Est-ce que votre respiration est courte, haute, retenue ? Ou ample, lente, abdominale ? Y a-t-il une tension dans la mâchoire, les épaules, le ventre ?


Il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Observer sans chercher à modifier quoi que ce soit, c'est déjà activer l'insula, et donc commencer à réguler. Ça paraît trop simple ? Et pourtant, c'est exactement ce que montre la recherche sur l'intéroception.



Comment mesurer l'état de notre système nerveux ?


Au-delà de l’écoute intérieure et de l’observation de nos réactions face aux situations difficiles, il existe des moyens concrets pour mesurer l’état de son système nerveux, qui sont maintenant accessibles à tous grâce aux montres et bagues connectées.


La variabilité de la fréquence cardiaque (VFC)

Votre cœur ne bat pas comme un métronome. Et c'est une très bonne nouvelle.

Si votre fréquence cardiaque est de 60 battements par minute, votre cœur ne bat pas exactement une fois par seconde. Deux battements peuvent être espacés de 0,9 seconde, les deux suivants de 1,1 seconde.

Ces micro-variations, mesurées en millisecondes, s'appellent la variabilité de la fréquence cardiaque: VFC, ou HRV en anglais (Heart Rate Variability).

Ce n'est pas une anomalie. C'est un signe de bonne santé.


Pourquoi le cœur varie-t-il ainsi ? Le rôle du nerf vague

Cette variation n'est pas aléatoire. Elle est orchestrée par le système nerveux et en l’occurrence, le nerf vague.

À chaque inspiration, le diaphragme descend et l’influence du nerf vague diminue, le cœur accélère légèrement. À l'expiration, l'effet inverse se produit, l’influence du nerf vague augmente et le coeur ralentit. Ce phénomène s'appelle l'arythmie sinusale respiratoire.


Dit autrement : chaque respiration fait littéralement osciller votre rythme cardiaque. Et plus cette oscillation est ample, plus le tonus vagal est élevé et plus votre système nerveux est capable de s'adapter.


La VFC n'est donc pas simplement une mesure cardiaque. C'est une fenêtre sur l'état de votre système nerveux autonome tout entier et le nerf vague en est la clé de lecture.



Ce que la VFC dit de vous concrètement


La variabilité sinusale diminue, le cœur bat de façon plus rapide et plus régulière, comme un métronome, dans certaines circonstances bien documentées : stress chronique, anxiété, burn-out, manque de sommeil. Sa réduction est un marqueur physiologique mesurable d'un système sous tension.


À l'inverse, une VFC élevée est associée à une bonne capacité d'adaptation, une récupération efficace et un équilibre émotionnel plus stable.


Et la VFC sera le premier élément impacté en cas de tension prolongée, avant même que vous-même ne le sentiez concrètement. J’en ai fait l’expérience moi-même, après avoir commencé à porter une bague connectée.

Je savais bien que certaines situations dans mon quotidien étaient stressantes, comme pour tout le monde, mais je ne m’étais pas rendue compte que même une fois passés, ces moments de stress avaient un impact sur le reste de ma journée, et sur mon sommeil.

J’ai alors vraiment, et enfin, réalisé qu’au lieu de foncer tête baissée et de me dire “je me détendrai ce soir”, il valait mieux prendre tout au long de la journée des petits moments simples pour respirer, se poser et permettre à son corps de prendre un autre rythme.



Exercice: Respirez pour modifier votre VFC en temps réel


La respiration est le seul levier du système nerveux autonome sur lequel vous avez un contrôle direct et immédiat. Et c'est un levier puissant.


Essayez ceci pendant 2 minutes :


  • Installez-vous confortablement, dos droit mais souple.


  • Inspirez par le nez, lentement, sur 5 secondes.

  • Expirez par la bouche, encore plus lentement, sur 7 secondes.

  • Répétez 6 cycles, sans forcer.


Ce rythme d’environ 6 respirations par minute correspond à ce que les chercheurs appellent la fréquence de résonance cardio-respiratoire (bien plus connue sous le nom de cohérence cardiaque).


Pensez à une balançoire. Si vous la poussez n'importe quand, au hasard, ça va cogner, être inutile ou ralentir le mouvement. Mais si vous la poussez exactement au bon moment et au bon rythme, elle va prendre de l'amplitude toute seule, avec peu d'effort. C'est ça, la résonance : deux rythmes qui se synchronisent et s'amplifient mutuellement.


Dans le corps, le cœur et les poumons ont chacun leurs propres oscillations naturelles. Leurs rythmes peuvent coexister sans vraiment se coordonner. Mais lorsque la respiration ralentit à environ 6 cycles par minute, ces deux systèmes se synchronisent et s’amplifient mutuellement. Ainsi la variabilité de la fréquence cardiaque atteint son amplitude maximale.



Peut-on entraîner son tonus vagal ?


La réponse est oui et c'est une des découvertes les plus encourageantes de la recherche sur le système nerveux autonome des dernières décennies.

Le nerf vague n'est pas figé. Comme un muscle, son tonus se travaille, se développe, se renforce avec la pratique.


Voici 5 choses simples que vous pouvez faire pour soutenir et améliorer votre tonus vagal :

  1. La respiration lente et rythmée : vous venez de l'expérimenter. C'est le point . d'entrée le plus immédiat et le plus étudié. Quelques minutes par jour suffisent à créer un effet mesurable sur la durée.

  1. Le chant, le fredonnement, la voix : moins connu, mais très efficace. Le nerf vague innerve directement le larynx et le pharynx. Fredonner, chanter, même simplement faire des sons graves prolongés (le "mmm" ou le "vmmm") stimule directement ses fibres. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles chanter en groupe a des effets si puissants sur le bien-être, ce n'est pas que symbolique.

  1. Le froid doux : une eau fraîche sur le visage, une légère exposition au froid dans la nuque, stimule un réflexe naturel qui active le nerf vague. Pas besoin de bain de glace. Un simple geste suffit.

  1. Le contact social et la sécurité relationnelle : Le sentiment de sécurité dans une relation active directement le système vagal. Être regardé avec bienveillance, être écouté, rire avec quelqu'un, ce sont des stimulations vagales réelles, pas métaphoriques.

  1. Le mouvement lent et conscient : yoga, tai-chi, qi gong, marche en pleine conscience. Tout ce qui associe mouvement, respiration et attention intérieure entraîne le tonus vagal sur la durée.


Ce qui est remarquable, et un petit peu ironique, c'est que ces pratiques ne sont pas nouvelles. Elles existent depuis des millénaires dans différentes traditions. La science ne les a pas inventées, elle a simplement commencé à comprendre pourquoi elles fonctionnent.

À suivre...

Dans le prochain article sur le sujet, nous irons plus loin et dans une direction qui pourrait vous surprendre.

Depuis quelques années, la recherche commence à montrer quelque chose d’assez étonnant, un lien entre le tonus vagal et l'inflammation dans le corps. Un nerf vague bien régulé semble ne pas seulement être une question de stress ou de bien-être. C'est une question de santé profonde.



Et votre mâchoire, elle s'est desserrée un peu depuis le début de cet article ?



Pour aller à la source:

  • Sur la Cohérence Cardiaque (Fréquence de résonance) :

    Lehrer, P. M., & Gevirtz, R. (2014). Heart rate variability biofeedback: how and why does it work? Lien vers PubMed

  • Sur l'Intéroception et l'Insula :

    Critchley, H. D., & Garfinkel, S. N. (2017). Interoception and emotion. Lien vers Current Opinion in Psychology

  • Sur la Théorie Polyvagale (Stephen Porges) :

    Porges, S. W. (2009). The polyvagal theory: New insights into adaptive reactions of the autonomic nervous system. Lien vers l'étude

 
 
 

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